Archives & mémoires étudiantes : quelle utilité ? PDF Imprimer Envoyer
Mardi, 09 Décembre 2008 01:00

Les mouvements étudiants constituent un important capital d’expériences pour l’ensemble de la société. Par delà leurs différences, leurs divergences et leur caractère éphémère, ils constituent le levain et un levier pour le
renouvellement de nos citoyennetés démocratiques. C’est justement la pluralité même des engagements étudiants qui font de leurs archives et mémoires un des patrimoines collectifs de nos sociétés contemporaines. Sauvegarder et valoriser ces archives et mémoires, c’est restituer aux mouvements étudiants, mais également à la société toute entière, leurs mémoires et la recherche qui leur est consacrée : permettre de capitaliser et transmettre ces expériences dans une articulation dynamique entre mémoire et citoyenneté.

 

puzzlePar « mouvement étudiant », nous entendons toute structuration de l’action collective étudiante, ponctuelle ou pérenne, c’est-à-dire aussi bien les mobilisations collectives que les groupes, structures ou organisations étudiantes (syndicats, associations, mouvements politiques, confessionnels, de jeunesse….).

 

Les archives des mondes étudiants sont fragiles et sont en danger constant. Comme les autres mouvements de jeunesse, les mouvements étudiants souffrent, du caractère transitoire de leur statut social, du renouvellement relativement rapide des générations et équipes militantes. En outre, contrairement à de nombreux pays européens et occidentaux, la France compte peu d’universités dotées d’un service d’archives « constitué » (c’est-à-dire géré par un professionnel). Les archives des mouvements étudiants, déjà fragiles, éparpillées, voire éphémères, sont d’autant plus menacées qu’elles ne peuvent pas compter sur un foyer de collecte archivistique de proximité. Au gré de ces renouvellements, scissions, déménagements et autres « catastrophes » archivistiques, la sauvegarde de ce nouveau patrimoine « en miettes » s’apparente au travail de reconstitution d’un puzzle …

 

Ajoutons à cela un dernier enjeu : contrairement à la majorité des syndicats de salariés –même si ce phénomène est relativement récent-, les organisations étudiantes n’ont pas assez de moyens pour envisager de créer chacune un « service d’archives », le plus modeste fut-il. D’où l’intérêt de proposer un Centre d’archives spécialisé au service de ces différents mouvements et de la valorisation de leurs mémoires auprès de toutes et tous !
Et ceci, sans pour autant avoir de visées hégémoniques ou centralisatrices, mais en favorisant une valorisation partagée des archives étudiantes avec d’autres institutions patrimoniales dans un travail de mise en réseau.

Mis à jour le Lundi, 16 Février 2009 20:17
 

Dernières infos...

La Cité des mémoires étudiantes continue à travailler à obtenir le soutien du ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche (voir nos communiqués de presse et notre lettre ouverte toujours à signer et faire signer) et poursuit sa mission de valorisation, qui prolonge et concrétise les objectifs du projet CAARME.
En attendant d'avoir les moyens de reprendre son autre mission de sauvegarde sur le plan national, avec les maigres moyens du moment, la Cité n'a pu archiver le mouvement actuel que jusqu'à la mi-avril. Et, baptisée dans la Cité des sacres le 19 mars dernier, la Cité poursuit "hors les murs" son travail de valorisation des archives étudiantes (programme de numérisation...)
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